Le point de bascule atteint pour l’utilisation des réseaux sociaux en classe ?

Ces derniers jours, de nombreux articles de journaux « reconnus » font mentions de l’utilisation du web2.0 dans les écoles, si bien qu’il devenait difficile d’en faire abstraction. Vous direz peut-être que ce sujet a déjà fait l’objet de plusieurs billets… et vous n’avez pas tout à fait tort, sans toutefois avoir complètement raison…

Un nouveau courant de pensée semble teinter les articles comme celui paru aujourd’hui dans le Journal le Monde. Si les aspects négatifs reliés à la tenue des propos diffamatoires ne sont pas balayés sous le tapis, un nouvel esprit accompagne ces articles: le temps de l’acceptation. Les réseaux sociaux sont partout et des études aux Québec comme ailleurs prouvent que les jeunes sont particulièrement présents sur ceux-ci. Les personnes qui essaient tout de même de nager à contre-courant frôlent l’entêtement… Le mouvement de l’importation de la vie privée dans les espaces publics n’est plus contestable; il faut maintenant apprendre à vivre avec lui et à en tirer avantage (source).

On s’évertue maintenant, en France en tout les cas, à montrer des exemples positifs d’applications des utilisations du Web2.0 en classe. L’initiative de Laurence Juin, une enseignante de La Rochelle, a fait l’objet de deux articles (les journaux le Parisien et le Monde) qui relataient l’utilisation qu’elle a faite de Twitter pour échanger du matériel et répondre aux questions de ses élèves en vue de la préparation des examens finaux du fameux Bac. Dans un autre ordre d’idées, les méthodes d’un professeur à l’Université de Nantes qui a plus de 250 amis Facebook et qui utilise ce médium pour diffuser du contenu pédagogique, étaient expliquées dans cet article: «J’utilise Facebook pour signaler une information en lien avec le cours ou prolonger une explication. C’est plus efficace que leur boîte mail universitaire, qu’ils ne consultent pas.»

Qu’ont en commun tous ces textes aux teintes positives: un réel souci de faire de l’éducation aux médias. Les jeunes, plus débrouillards que jamais avec les technologies, ne sont pas pour autant éduqués aux dangers du Web. Des vidéos d’enseignants qui perdent le contrôle, d’élèves qui dorment pendant les classes ou de jeunes qui prennent des poses indécentes se retrouvent par centaines sur YouTube. Deux blogueuses françaises en font d’ailleurs mention dans un de leurs billets et vont même jusqu’à se questionner sur les « digital native » de Prensky: seront-ils la génération oubliée de l’identité numérique?

Il est à noter, en guise de conclusion, que ces changements d’attitudes en lien avec l’utilisation des outils du web2.0 sont surtout marqués en France. Nous en sommes encore à nous « battre » pour débloquer les sites web utilisés par les jeunes pour interagir au Québec. Des initiatives intéressantes sont pourtant de plus en plus fréquentes. Nous n’avons qu’à penser au groupe Facebook récemment créer pour l’épreuve uniforme de français (voir un article à ce sujet ici). Le CTREQ a aussi entrepris de recenser les commissions scolaires qui permettaient l’accès à Facebook afin de dresser un portrait de notre ouverture (ou fermeture) à ce niveau. Sommes-nous arrivés à un point de non-retour, où il serait maintenant nécessaire de travailler avec nos atouts et arrêter de se battre contre un mouvement de masse?

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