Hourtin / 4
25e Université d’été de la communication
Notes d’atelier: Atelier 433
Ressources pédagogiques: comment s’y retrouver
INTERVENTIONS DES PANÉLISTES
(Animation: Jean-Louis Schaff Mathieu, consultant formateur, Aska)
Benoît Sillard
- Comment s'y retrouver? plutôt Comment les trouver?
- Le rôle du ministère est de repérer les ressources pour en faciliter l'accès aux enseignants.
- Également d'organiser la production de ces ressources.
- S'assurer de l'existence de grands pôles de production.
- Favoriser le partenariat entre toutes les personnes impliquées dans la production (enseignants, éditeurs, etc.)
- Dans leur perspective, il ne doit pas y avoir de concurrence entre les enseignants, les producteurs publics et les éditeurs. Il faut plutôt se préoccuper de la concurrence internationale des grands éditeurs anglo-saxons.
Michel Chaumet, directeur, CRDP Languedoc Roussillon
- On a affaire à un secteur tout à fait nouveau, qui a très peu à voir avec le monde de l’imprimé.
- Tant dans les mécanismes de production que dans le modèle économique.
- Ce sont des ressources éducatives très complexes.
- Typologie: ressources brutes: ressources didactisées (brutes, préparées à l’intention ds profs), ressources didactiques.
- Est-ce que les canaux de diffusion privés actuels (CNS, KNE) correspondent aux besoins où il serait nécessaire d’avoir un canal public?
Bernard Morvan, directeur CNED Rennes
- Secteur marchand ou pas? Secteur privé ou public?
- Associé à la question de la marchandisation de l’enseignement.
- La question de la valeur:
- Le CNED s’est associé à un éditeur privé pour construire une base de littérature électronique (BASIL)
- Ce projet engage >1M: nécessite des investissements majeurs en temps, ressources, etc.
- Il n’y a pas d’autres partenariats public-privé de ce type ailleurs en France.
- Comment protéger la valeur de ce corpus? Vu la facilité de duplication une fois que le document existe en version numérique.
- Surtout compte tenu de l’obligation du CNED de s’assurer une part de financement autonome.
Sophie Bachmann, chef de projet éducation, INA
- Est traditionnellement responsable d’une banque de cassettes vidéo.
- Qui passe progressivement en DVD.
- INA est au coeur des discussions sur les partenariats publics-privés de part sa nature même.
- L’objectif est de valoriser son fond d’archives.
Dominique Jenner,chef de projets numériques, Hachette Éducation
- Partenaire du Kiosque numérique de l’éducation (KNE)
- Le KNE a une offre de manuel numérique, des compléments de ressources numériques et de la référence.
- Ce qu’Hachette entend par « manuel électronique »:: ensemble de ressources de tout type qui recouvre le programme d’une année et d’une matière (cartes, quiz, documents, vidéo, petits logiciels, etc.).
- Très contextualisé, produits dans une démarche éditoriale traditionnelle, mais aussi permettre l’utilisation de façon très décontextualisé.
- Tentent de s’adapter à l’environnement des enseignants.
- Éditeurs publics ou privés: il y a de la place pour tout le monde.
- Il ne faut pas opposer le travail des éditeurs et celui des enseignants.
Jean-François Joureau, directeur technique Éducation Europe, Apple Computer France
- Parlera d’une expérience américaine pour faire ressortir des points qui lui semblent essentiels p/r à la mutualisation des ressources.
- Apple est particulièrement interpellé par la production des ressources.
- Évoque ALI, qui est enrichi par les enseignants du monde entier
- A longtemps été essentiellement texte, depuis 2001 est davantage adapté aux images, sons, vidéos, etc.
- L’objectif était de faciliter la diffusion de ressources produites par les enseignants aux enseignants.
- Des outils de mutualisation sont essentiels quand on vise la massification des pratiques.
- ALI a servi dans le projet d’Henrico County.
- L’établissement de normes est important pour que ces espaces/outils fonctionnent.
- L’opposition entre les ressources commerciales et mutualisé est une illusion: voir la complémentarité.
- Souci: qualité des médias utilisés, respects de normes européennes, etc. Droits d’auteurs, etc. et donc de la validation des ressources qui sont mis dans des systèmes de mutualisation.
- Aussi, problème de cohérence et d’uniformité.
Denis Olivennes,président directeur général de la FNAC
- Est privé, peu dans le scolaire pour l’instant, mais très attentif parce que situé à l’intersection des technologies, les livres, etc.
- S’est engagé dans une opération de lutte à l’illettrisme.
- Comme entreprise privé, on est très démuni devant un tel cas, mais on dispose de beaucoup de ressources. Le ministère de l’Éductaion nationale vous ouvre alors grands les bras.
- Voulait faire autre chose que signer uniquement des chèques, mais quoi?
- (…)
François Jarraud, directeur, Le Café pédagogique
- 200 000 personnes par mois visitent le site, 85 000 abonnés aux lettres courriel
- Créé par un collectif de profs.
- Presque tout est bénévole, ils ont de moins en moins d’argent.
- Ça témoigne du fait qu’il y a déjà beaucoup de mutualisation qui se fait déjà sur le réseau.
- Un des objectif des lettres est de faire savoir ce qui se fait par les profs sur Internet.
- N’est qu’un seul élément de toute une galaxie d’espaces de mutualisation de document produits par les enseignants.
- Il faut s’imaginer qu’est-ce que pourrait être la société de l’information.
- La question n’est pas de produire des ressources, mais d’assurer leur utilisation en classe.
- Les Français de 15 ans sont ceux qui font le moins appel aux ressources électroniques de toute l’Europe selon les données de l’OCDE.
- Il faut amener les nouvelles technologies en classe pour faire évoluer l’école (un levier pour transformer l’école).
- La mutualisation est déjà en route. Il faut soutenir la mutualisation qui se fait actuellement au lieu de tenter d’imaginer d’autres façons de le faire.
- Milite pour un pôle associatif de développement de ressources, qui ne sera pas concurrentiel des éditeurs. Les enseignants ne sont pas des éditeurs, il y a une expertise particulière dans ce métier.
- Les enseignants ne sont pas que des utilisateurs, ils sont aussi forcément des auteurs. Il faut le reconnaître.
Gabriel Cohn Bendit, enseignant
- Il a écrit une lettre ouverte à tous ceux qui n’aiment pas l’école en réponse à la lettre de Ferry à tous ceux qui aiment l’école.
- Ou bien on utilise l’informatique pour continuer l’école et alors on fait des manuels scolaires. Mais les manuels correspondent à des besoins d’une époque où l’accès à la connaissance était difficile et où on se rabattait sur le manuel à défaut d’autres moyens.
- L’outils informatique est fantastique parce qu’il permet que les écoles soient créateurs (i.e. références à Freinet, etc.)
- Il plaide pour des outils informatiques partout, dans toutes les classes, mais pour faire produire les élèves.
- Fait référence aux BT de Freinet, les bibliothèques de travail.
- Il faut se servir de l’ordinateur pour individualisé l’enseignement: c’est tout le contraire du manuel.
- Il faut arrêter de se demander comment remplacer le manuel imprimé par le manuel numérique.
- Les enseignants innovateurs sont à la fois très minoritaires et très nombreux. Ils sont la porte d’entrée dans le système, ils cherchent…
- Privé, public n’est pas le débat. Une édition scolaire d’état ferait d’aussi mauvais manuels que le privé. C’est le manuel le problème.
PÉRIODE DE DISCUSSION ET OBSERVATIONS
- Quelqu’un questionne sur les modes d’accès à ces ressources, parce qu’il n’en a pas été question: libre? par abonnement? par licences?
- Les réponses sont essentiellement non concluantes et l’analyse du fait « qu’il y a forcément un coût », qui est payé en amont ou en aval, et « qu’on envisage pas de faire payer les enseignants » est tout ce qu’il y a de plus classique.
- On théorise beaucoup sur le fait que les ressources éditées et les ressources mutualisées sont deux choses différentes alors que, de mon point de vue, est qu’il faudrait regarder ça de façon plus pragmatique: que les deux types de produits soient différents ne change rien si on peut se passer des produits édités (c’est un questionnement, pas une hypothèse).
- C’est aux élèves de lancer le système (des TIC à l’école) et aux enseignants d’animer le système. Pas l’inverse.
- L’idée que les ressources produites par les éditeurs sont meilleures parce qu’elles sont produites par les meilleurs enseignants: « c’est de la rigolade ça! ».
- Les élèves sont un moteur de diffusion de la technologie. Il faut se demander plus activement ce que leur proximité des technologies change dans leur manière d’aborder la connaissance.
- Le plus mauvais service qu’on peut rendre aux technologies, c’est de faire appel à eux « de la même manière qu’on le fait sur papier ».
- Hachette prétend (s’excuse) sur le fait que l’emploi du mot « manuel » dans « manuel électronique » est seulement pour permettre une communication plus simple, parce qu’il parle aux enseignants… alors que je pense que beaucoup plus que ça, c’est une grille d’analyse pour la production (un paradigme) qui nuit à son développement.
- Les éditeurs (publics et privés) manquent peut-être un peu d’humilité et de patience.
MON APPRÉCIATION
- La description de l’atelier est un peu étrange. Pourquoi mettre de côté le modèle commercial d’entrée de jeu? Pourquoi mettre en opposition les canaux de diffusion publics et privés? N’est-il pas possible d’assurer une complémentarité entre tout cela?
- Il y a vraiment une confusion persistante sur « la nature de l’expertise de l’éditeur » qui rend difficile la poursuite du débat (voir mon texte pour Vie pédagogique / à venir).
- Gabriel Cohn Bendit fait un excellent usage de la polémique pour faire avancer le débat. Il interpelle habilement. Ça dérange. Ça force à défendre, à expliquer, etc.
- C’était une très bonne idée de faire intervenir une entreprise comme la FNAC dans un débat sur ce sujet… malheureusement, la contribution a été très mince. Le message est resté au niveau du plaidoyer de l’entreprise contre l’illetrisme.Le tout *très* en marge du sujet.
- Invariablement on finit par admettre que les TIC amènent surtout une question de changement de l’école.
- Encore une fois trop d’intervenants.

